Ce projet peut voir le jour grâce aux soutiens et financements publiques et privés du Conseil Département de l'Ardèche, de la communauté d'Agglo Privas Centre Ardèche, de la Mairie de Vernoux en Vivarais, de la Fondation SNCF et de la fondation Caisse d'épargne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le cadre de l'appel à projet relevant des politiques culturelles et de solidarité, en partenariat avec la  DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, voici un projet intitulé « Inféminitude ». Ce projet a pour ambition de développer un travail commun entre les professionnels de la « compagnie des Chimères » implantée à Saint Pierreville, avec ceux de l'institut médico-éducatif de Soubeyran situé à Saint Barthélémy-Grozon et de l’Ehpad situé à Vernoux en Vivarais. Par une méthode de travail transversale mêlant l'artistique et l'éducatif, ce projet permettra d'apporter une réponse à un besoin crucial des usagers, qui relève de l'identité́, de la dignité́ et de la place dans la société. La Féminité au fil du temps est le thème central du projet mais de fait, il n'exclut pas que la différence, l'indifférence, la violence et d'autres concepts encore pourront émerger.

 

Ce projet se déroulera sur 9 mois de Septembre 2017 à mai 2018. « Inféminitude » propose  aux jeunes de l'IME et les résidents de l’Ehpad  un travail artistique pluridisciplinaire (création textile, chant, clown, écriture) et des temps de parole et d'échange sur les thèmes de la féminité, du statut des femmes dans la société, l'égalité hommes/femmes, la sexualité et le handicap…

Tout le projet repose sur

De grands questionnements :

- Que veut dire être une femme ?

- Qu'est ce que la féminité?

- Être une femme à tout âge. 

- Féminité et sexualité

- Féminité et handicap

 

Et des types d'interventions divers :

-Représentations des spectacles « Sans Queues Ni Tête » et « On disait qu’on était… »

-Collectage, interviews

-Ateliers cirque

-Ateliers chant

-Ateliers création textile : création de mon « habit de femme »

 

Regards croisés et a priori :

La Compagnie des Chimères a tenu à travailler avec deux types de populations d’âges, d’origines et de points de vue différents. Et ce, volontairement, afin de croiser les regards des uns et des autres. En effet, il leur a paru important d’aller au delà des clichés et des a priori. Qu’est-ce qu’une femme de 90 ans imagine de la vie d’une jeune fille atteinte d’un handicap et vise-versa ? De la même manière, il sera judicieux de confronter les avis de la gente féminine à ceux de la gente masculine. On pourra alors se poser les questions : La Féminité appartient elle seulement aux femmes et à ce titre, les hommes en sont ils privés ? Comment telle population considère la féminité de l’autre ? Quelle vie de femme imagine-t-on des autres ?

Un travail autours de certaines questions, qui touchent à la Féminité va donc être amorcé touchant à des questions de l’ordre du Dedans/dehors, des espaces d’aliénation et de liberté, de la morphologie féminines, de ses « attraits » et particularités (le vagin, l’utérus/clitoris, les seins, les cheveux…), liées également à l’appartenance et la projection personnelle de son corps : L’âme/le corps, mon sang/ma chère…Un vrai débat va donc être engagé pour dégager des axes de réflexion autours de : « Ce que je suis/ce que je parais être/ce que je donne à voir. »

Constats de départs à l'IME et à L'Ehpad :

L'IME : Un travail en lien étroit entre les équipes éducatives et les infirmières de l'IME  permet de dresser un constat préoccupant sur le niveau de connaissances des jeunes au sujet de la féminité, de la sexualité, l'homosexualité, les rapports hommes/femmes entre eux et dans la société... Au delà d'une méconnaissance considérable, il s'agit en réalité de difficultés de compréhension, de mémorisation et d'une image du corps erronée du fait des pathologies. Pour certain(e)s de ces jeunes femmes et jeunes hommes accueillis à l'IME, le corps, quelques fois ou trop souvent, a été malmené durant l'enfance. L'IME accueille des jeunes âgés de 12 à 21 ans, période de la vie où les transformations physiques (morphologiques, hormonales et cérébrales), relationnelles et identitaires sont intenses. Le besoin d'être informé, d'être en confiance pour aborder ses doutes, ses difficultés, ses peurs ou tout simplement ses ressentis est fondamental. Les jeunes ont de nombreux savoirs faire, qu'il est essentiel de valoriser, afin qu'ils se sentent reconnus, que leur confiance et leur propre estime soient renforcées. Stimuler leur curiosité, leur ouverture d'esprit, ainsi que leur culture générale est un travail de tous les jours, c'est en cela que les pratiques artistiques sont de précieux supports.

L'Ehpad : La résidence Beauregard tient depuis quelques années à ouvrir ces locaux à des initiatives extérieures culturelles et intergénérationnelles. Le projet « Inféminitude » va dans ce sens de recherche de temps de rencontres et de partage. Le travail sera particulièrement tourné vers le tissu comme support d’éveil aux souvenirs, source d’envie de créer, de se parer, se faire belle, et pourquoi pas par l’idée de se mettre en scène. Il n’y a pas d’âge pour avoir des projets et prêter attention à son image corporelle. La féminité permettra ainsi d’aborder l’image de soi. La vieillesse doit-elle rimer avec la fin de la féminité ? La condition de la femme a bien évoluée. Il est important de rappeler aux générations futures, le parcours de nos aînés, et peut être prendre conscience de la place de la personne âgée dans notre société, l’importance de la mémoire qui nous permet d’avancer.

Ateliers artistiques spécifiques:

 1-Le Tissu : fibre du vêtement avec Caroline Martin, costumière/créatrice textile et Eva Cauche, directrice artistique/comédienne.

Atelier de création textile de « votre » tenue de Femme. En partant d’une « blouse » identique pour tous, vêtement peu féminin et pourtant bien connu de nos grands-mères, est il possible de personnaliser, de s’accaparer l’impact visuel de ce vêtement, afin de le sublimer ? Le fait de partir d’une base commune à tous, sobre et sans âme, pousse volontairement les résidents à vouloir se différencier, s’individualiser au regard du monde extérieur, à se poser cette question : quelle place ai-je envie d’assumer au sein d’un groupe à travers cette réflexion sur la féminité ? Et ainsi, il est juste de se demander quels éléments textiles, pourraient rendre ce vêtement « utilitaire » plus féminin ? Peut on grâce à un détail, un accessoire, une découpe bien placée rendre cette tenue plus raffinée, plus féminine ? C’est un support  « matériel », sur lequel les participants pourront s’appuyer qu’en à la question du jeu théâtral.

 

2- Le  Tissu : sens et sensations. Avec Mélanie Limouzin, comédienne, circassienne et Eva Cauche, directrice artistique/comédienne.

Atelier de  « cirque » orienté vers la manipulation de tissu et de balles. Le tissu a et a eu plusieurs fonctions à travers les époques. Il peut être nappe, balluchon, vêtement, châle, foulard, drap de lit, serviette hygiénique à une époque, langes pour les bébés…à tous les moments de notre vie, il a été présent dans notre quotidien. Au delà de l’aspect « utilitaire » de ces fonctions, comment peut-on se le réapproprier corporellement, puis à travers le jeu théâtral ? L’aspect pédagogique portera sur la motricité et les fonctions des tissus : que peut-on faire, créer grâce au lien qui nous unit aux tissus ? Quelles émotions peuvent ainsi resurgir au travers d’un toucher particulier et dirigé ? Le tissu peut il devenir « acrobatique » ?

Le cirque sera ici un moyen de rendre le corps disponible, à l’éveil sensoriel, à la recherche d'équilibre, à une approche coopérative de la discipline. Les disciplines du cirque permettent aux personnes moins à l'aise avec la parole de trouver un autre moyen d'expression. Etant très variés, chacun peut trouver l'accessoire, qui lui convient le mieux. L’objectif étant également de leur permettre de découvrir plus largement les autres accessoires de jonglerie (diabolo, massues, assiettes chinoises...).

 

3-Le Tissu : vecteur de paroles. Avec Eva Cauche, directrice artistique/comédienne.

Tout au long des séances, Eva Cauche portera son attention sur la captation de paroles, qui découleront de ce travail autour la féminité. Elle prévoira une prise de note, voir une captation de parole avec un enregistreur. Le travail d’écriture sera donc quasi-permanent, afin de retranscrire les impressions, les idées dégagées, les résonnances et autres problématiques personnelles et collectives. Cette matière textuelle sera une des bases pour la restitution finale, le fil conducteur à dérouler avec les participants. L’intimité sera respectée. Afin d’alimenter sa recherche, elle proposera sans doute quelques essais de mise en scène, de petits dialogues ou déplacements ou encore des exercices à tester au cours des différents ateliers…

 

4- Le Tissu : la « corde » vocale. Avec Caroline Blache, chanteuse/comédienne.

Il est question avec cet atelier de travailler sur l’écriture d’un chant collectif.

L’idée serait d’écrire un texte avec la matière glanée au fil des ateliers précédents et de trouver quelques arrangements simples pour en faire une chanson. Dans une première partie de séance, il s’agira de préparer le corps à chanter - notamment par un travail sur la respiration et dans un deuxième temps, Caroline Blache permettra d’harmoniser les voix - parlées ou chantées. Là où, la voix dit, ce que le cœur ne peut exprimer parfois par les mots…

Restitution finale

Que faire de la matière de ces ateliers et de la captation de paroles ?

Un « défilé », une marche mise en scène de certaines des personnes, qui auront participées aux ateliers, avec la présence de projections d’images et de témoignages en voix off ! Ce sera l’occasion de restituer la création du chant collectif et également le travail effectué par petits groupes pendant ces 6 mois. Un  « hommage » à la fois visuel, sonore et plastique avec des voix et des corps pour dire …Et des silences, qui disent aussi !

 

 

 

 

« Parce qu’une femme demeure une femme, toute sa vie et quoi qu’il arrive ! »