Ligne artistique

​Le travail de la Compagnie des Chimères s’articule autour d’une réflexion sur la notion de féminité, de genre et plus largement la différence, l’indifférence et l’exclusion.

Ancrée à Saint Pierreville et plus largement dans le territoire des Monts d'Ardèche, elle insuffle à ses dernières créations l'histoire et les histoires de ce pays si riche. Elle s'intéresse plus particulièrement au matrimoine et à toutes les femmes ouvrières, paysannes, écrivaines, artistes qui ont tissé le fil de l'histoire de tous ces villages.

 

La Compagnie a choisi dans ses spectacles de mêler les genres, les modes d’expressions. Le mélange des expressions artistiques enrichit le propos et laisse la place aux artistes pour faire valoir leurs talents, qui sont souvent multiples et trop souvent cloisonnés.

 

De chaque projet artistique jaillissent des chimères, que ce soit des êtres bizarres, du chant associé à du théâtre ou des personnages à multiples facettes. La Chimère mi-être humain, mi-animal est une métaphore, qui révèle nos zones d’ombre, nos ambivalences, nos ambiguïtés ou contradictions.

 

Nous souhaitons livrer au public notre propre regard sur la femme, l’homme, les rapports homme-femme et plus largement, sur le monde. Un regard qui tâche d’être lucide et sans tabou. Un travail dans la profondeur qui cherche à dépasser les écueils du cliché ou du clivage. 

 

 

 

Les créations 

 

La Compagnie se crée en 2010 autour du spectacle écrit par Eva Cauche: L’Épopée des Chimères. Cette création amorcée en 2008 (écriture), prend vie donc en 2010 avec un travail de composition musicale de Aude Combettes et s’achève en 2012 avec la finalisation du décor, des costumes (Julia Morlot), de la mise en scène et la création lumière et son (Gilles Ribes et Merryl Marion). Ce conte théâtro-musical onirique, fantasque et burlesque raconte les tribulations initiatiques d’un commandant et de son matelot en quête de féminité.

 

En 2011, Mélanie Limouzin, Caroline Blache et Eva Cauche reprennent une création de la Compagnie Pépin Bulle, Sans Queue Ni Tête, la réécrivent pour en faire un spectacle de rue, un trio grinçant humoristique revisitant les impératifs féminins d’aujourd’hui. Création qui se termine en avril 2013 pour une version de 35 minutes.

En mai 2015, Sans Queue ni Tête remporte la finale du Festival « A vous de jouer » organisé par le Nombril du Monde, théâtre à Lyon. Les comédiennes décident alors de travailler une adaptation pour le plateau de 75mn. Elles engagent un travail de fond sur le jeu et la mise en scène avec Nicole Rivier, ainsi qu’un travail sur les parties vocales avec Véronique Batailleur et Yasmina Abiles tout au long de l'année 2016. La création s'achèvera par une résidence du 2 au 6 janvier 2017 à la Salle Louis Nodon de Vernoux-en-Vivarais.

 

En réponse à une commande du CIDFF (centre d’information des droits des femmes et des familles) et la DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des population), Mélanie Limouzin, Delphine Jacquy et Eva Cauche crée Le Sens de l’Échelle. La première représentation a lieu le 11 juin 2014, lors de la Journée pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. Il s’agit de trois petites formes de 10mn chacune, à travers lesquelles elles abordent de façon burlesque (à la façon des fous du roi), les notion de « salaire d’appoint », « plafond de verre », de « burn-out féminin», et plus largement, « ce que l’on attend des femmes », « ce que l’on attend des hommes »….

 

Le désir de partager notre travail et notre vision du monde avec les tout-petits était en germe depuis quelques années. Le travail sur On disait qu'on était... démarre fin 2013. Mélanie Limouzin et Eva Cauche débutent avec l'envie d'un duo : l'un et l'autre, uniquement. Elles souhaitent un spectacle sans parole, graphique, visuel où on parle de la vie, la mort, la naissance, tout cela dans la continuité, dans ce que la vie a de cyclique... Après une adaptation pour le Cabaret des Monstres dans le cadre du Festival A Pas Contés, à Dijon, en février 2015, elles retravaillent la version initiale en consolidant le jeu des personnages. En avril 2015, le travail de création se termine et "On disait qu'on était..." démarre une série de représentations dans les crèches et festivals pour les - de 3 ans.

Souhaitant proposer une version pour les enfants plus grands (+de 3ans), elles obtiennent le soutien du Théâtre de la Courte Échelle de Romans-sur-Isère et prévoit une résidence de création du 28 février au 3 mars 2017.

 

Henriette et Nicole, deux personnages d'un certain âge, sorties tout droit de la maison de retraite sont nées en juin 2015. Deux anciennes institutrices qui ont écumé les écoles d'Ardèche, mais n'en ont pas moins gardé leur verve et leur franc-parlé. La création de ces personnages est une manière pour nous de défendre des causes, de soutenir des initiatives citoyennes (droits des femmes, ruralité, écologie, etc...) dans une logique aussi évidente qu'engagée pour la Compagnie d'amener ses convictions au théâtre et vice et versa.

 

Sortie de Route est une déambulation histo– et histé-rique née avec ses protagonistes que sont la famille Duguidon. Cette création voit le jour en octobre 2016 en intégrant le fil rouge des Castagnades organisées par le Parc des Monts d'Ardèche avec le Collectif des Atypiks dont la Compagnie fait partie depuis 2014. Cette famille de guides s'empare des histoires et de l'Histoire de nos villes et villages et met un point d’honneur à faire connaître le matrimoine et les femmes oubliées du passé. Les Duguidons font matière de chaque lieu, anodin ou spectaculaire, et s’en inspirent pour embarquer le public dans un voyage hors-du-commun.

 

 

 

Infusion, transmission et ouverture

Le contexte

Le territoire de la Compagnie, St Pierreville et alentours, est enclavé et l’accès au spectacle vivant y est difficile de part sa situation géographique et son manque de structures. Le Théâtre de Privas et la Comédie de Valence proposent tout de même des Scènes itinérantes sur le secteur pour permettre un accès à des spectacles de grande qualité.

Dans notre volonté de nous implanter à St Pierreville, nous cherchons à nous adresser à tous, habitants sur le secteur, pour faire découvrir, soutenir ou pratiquer le spectacle vivant, localement, et en même temps proposer une ouverture sur l’extérieur et permettre l’échange.

 

La formation

La Compagnie mène depuis 2012 des ateliers annuels théâtre pour adultes et depuis 2014 des ateliers cirque enfants. En 2016, elle ouvre un atelier annuel pour adolescents à Saint Sauveur de Montagut. Parallèlement, elle propose des cours, interventions et stages en chant, théâtre et cirque auprès de public adultes et enfants, soit en particulier, en collectif, ou dans des lieux d'accueil type crèche, écoles et centres de loisirs.

 

La programmation

Depuis 2014, en partenariat avec la boulangerie Au Soleil Levain, la Compagnie organise une programmation estivale à Albon d’Ardèche : Le Jardin des Chimères. Tous les mercredi soirs en juillet et août, nous proposons au public une soirée-spectacle en plein air. Buvette et restauration sont prévues sur place et le public profite de spectacles de qualité, de compagnies et groupes professionnels.

En 2015, le Jardin des Chimères se met en lien avec d’autres petits programmateurs locaux dans l’objectif de s’entraider et d’organiser de petites tournées facilitant la venue de groupes et compagnies professionnels sur notre territoire. Ainsi en 2016, neuf structures de l'Ardèche profitent de cette mise en réseau et de nombreux groupes et Compagnies bénéficient de plusieurs dates de représentations durant l'été 2016. Cette mutualisation prend diverses formes (contact, communication, matériel, approvisionnement...) et profitent autant aux structures programmatrices, qui ont de faibles moyens, qu'aux artistes accueillis, qu'au public qui est amené à découvrir de nouveaux lieux mettant ainsi en valeur différentes vallées d'Ardèche.

En 2015, la programmation prend une autre ampleur avec la première édition du Festival Dare D’Art. Festival pluridisciplinaire, il se veut convivial, familial, avec des spectacles de qualité et des ateliers ouverts à tous. Le festival a été soutenu financièrement par Val'Eyrieux et la Région Rhône Alpes via le CDDRA en 2015.

La deuxième édition du festival a eu lieu les 10, 11 et 12 juin 2016 à Saint Pierreville. Nous avons voulu gardé le même esprit pour cette édition, et nous avons souhaité mettre l'accent sur une offre de spectacles plus grande et davantage d'ateliers créatifs et ludiques autant pour les grands que les petits. Le festival a été soutenu par Val'Eyrieux et le Conseil Général de l'Ardèche et il a doublé sa fréquentation par rapport à la première édition.

En lien avec cette programmation de spectacles, nous avons développé des propositions de formation par des intervenants extérieurs. Ainsi depuis l'automne 2015, nous avons invité 5 formateurs issus des compagnies et groupes s'étant produit lors de représentations sur notre territoire, à revenir et à intervenir pour des week-end de stages de formation dans leurs différentes disciplines. Ces stages ouverts à tous, ont rassemblé amateurs et professionnels locaux, autant avides de formation auprès de professionnels venus de Bruxelles, Dijon, Annecy, Die, Besançon. L'organisation de ces stages a également été soutenue par Val'Eyrieux et le CDDRA dans le cadre de notre projet de programmation annuelle. En collaboration avec Val'Eyrieux et la Comédie de Valence, nous avons organisé un stage avec Eric Massé, en lien avec le spectacle Les Mots qu'on ne me dit pas, programmé par la Comédie Itinérante en octobre 2016.

 

 

L'accueil de spectacles

Nous avons été sollicités par la Communauté de Commune du Val'Eyrieux pour être « structure relais » dans le cadre du dispositif « Les petites Envolées » du Théâtre de Privas et assurons donc l'accueil des spectacles à Saint Pierreville.

Nous soutenons également avec le FLU, l'accueil des itinérances de la Comédie de Valence dans les villages proches.

 

Les partenaires, le réseau

Partenariats, soutiens associatifs et institutionnels ou contributions d'autres artistes et structures

  • Le Conseil Général de l'Ardèche

  • La Communauté de Communes Val'Eyrieux

  • La Communauté de Communes du Pays de Vernoux

  • La Commune de Saint Pierreville

  • Le Théâtre de Privas et la Comédie de Valence

  • Le Théâtre de la Courte Échelle à Romans sur Isère

  • L’association BADAM accompagnement administratif mutualisé basée à Die

  • Les Associations culturelles et lieux de programmation sur notre territoire pour une mise en réseau et une mutualisation des efforts sur la programmation estivale : La Guinguette de la Plage de Saint Sauveur de Montagut, le FLU de Saint Pierreville, La Cerise Sur l'Agneau de Saint Pierreville, la COP de Saint Vincent de Durfort, Le Théâtre de verdure de Pranles, le Collectif Cultures de Balazuc, Le fournil Les Co'pains de Chirols, Les Apéros Jardinatoires de Saint Jean Chambre

  • le Théâtre des Monstres coproducteur de On disait qu'on était... et partenaire pour le Festival d’Aurillac et le Festival A Pas Contés de Dijon.

 

 

La médiation culturelle

La compagnie des Chimères, de par ses liens forts avec les acteurs du territoire Auvergne Rhône-Alpes concernés par les égalités Femme/Homme et enrichie de son parcours en formation, programmation et diffusion de spectacles, souhaite continuer à entretenir ce réseau de dialogue paritaire femme/homme en proposant des interventions en milieux scolaires, au sein des quartiers avec des populations en difficulté, en structures de personnes âgées, ou encore en milieu rural, voir en milieu carcéral.

Ce travail peut être entrepris sur deux axes : le corps, la mise en scène, le travail du clown ou/et par le biais du chant, en imaginant la création de spectacles ou de partitions musicales.

 

Les thèmes abordés pourraient être :

- La Féminité,

- Le statut des femmes dans notre société,

et dans d’autre sociétés, être une femme qui vient d’ailleurs,

- L’égalité femme/homme dans le monde du travail,

- L’exclusion, ou/et son contraire, la solidarité,

- La mémoire et le Matrimoine : les figures féminines, qui ont marqué l’histoire d’un territoire,

- L’éducation de nos enfants, et en particulier de nos garçons, pour qu’ils soient non-violents,

- L’éducation sexuelle, le plaisir féminin, encore tabou !

 

Le collectage de paroles, (prise de notes au contact du public), qu’elles ont amorcé avec "Sortie de route" leur semble une bonne étape de travail pour faire lien avec les populations choisies pour l’intervention. L’on peut ensuite imaginer une « retranscription » de ces paroles sous forme de mise en scène adapté. Puis, programmer le spectacle adulte "Sans queue ni tête" ou enfant « On disait que… » relativement à l’âge du public.